Traditionnellement, la Moon Lodge était l’endroit où les Amérindiennes se retrouvaient entre elles pendant leur «temps de lune», leur menstruation. Pendant cette période, elles s’éloignaient de la communauté et les hommes prenaient en charge leurs tâches, leur permettant ainsi un temps de retraite et de profiter de la compagnie de leurs sœurs, sœurs au sens large.

Pour les Amérindiens, le Temps des Lunes est le temps sacré, le «temps de pouvoir» (1) de la femme pendant lequel elle doit être Traditionnellement, la Moon Lodge était l’endroit où les Amérindiennes se retrouvaient entre elles pendant leur «temps de lune», leur menstruation. Autrefois, pendant cette période, elles s’éloignaient de la communauté et les hommes prenaient en charge leurs tâches, leur permettant ainsi de se retirer dans la Moon Lodge pour profiter de la compagnie de leurs sœurs, sœurs au sens large.
honorée comme Porteuse de la Force de Création. La femme, autrefois, prenait son temps pour rendre à la terre son sang menstruel, symbole de la force de vie qu’elle avait portée en elle. Elle se préparait ainsi à la nouvelle fertilité qu’elle porterait le mois suivant, durant le cycle de la prochaine lune (2).
Les Anciens comprenaient aussi l’importance d’accorder aux femmes un moment pour se retrouver avec elles-mêmes et entre elles, se reposer et nourrir leur lien à la Mère-Terre, Mère Nourricière.

Cette période était aussi propice pour nouer un lien particulier à Grand-Mère, la Lune qui rythme le cycle menstruel. Vivant en communauté, proches de la Nature, les femmes avaient ainsi leurs règles en même temps ce qui renforçait leur relation de «Sororité» (3).

Pendant leur séjour dans les Moon Lodges, la connexion à la Terre permettait aux femmes de se mettre en phase avec leur Force de Vie et la connexion à la Lune d’être à l’écoute de leur intuition innée. Ainsi prenaient-elles le temps de s’écouter et de laisser émerger sentiments, idées, émotions d’une grande utilité pour elles pendant une période de 4 jours loin des leurs (4 jours en liaison avec les 4 manifestations universelles : les 4 éléments, les 4 points cardinaux, les 4 saisons, les 4 phases de la lune..).

Personne à l’époque n’aurait empêché à une femme cette retraite nécessaire. Le faire eût été regrettable, car pendant cette période d’éloignement, les femmes partageaient leurs visions, leurs rêves, leurs expériences et leurs talents, ce qui était aussi très bénéfique pour la tribu.

De nos jours, certaines indiennes vivant en tribu continuent à perpétuer la tradition. D’autres l’ont fait évoluer en organisant des cercles de parole entre femmes le jour de la Nouvelle Lune et ont transmis ce savoir à des femmes occidentales.

La cérémonie de la Moon Lodge commence par un rituel et des thèmes différents y sont abordés à chaque fois. Les femmes à tour de rôle s’expriment sur ce thème ou sur un sujet particulier qu’elles souhaitent partager. Le but de la Moon Lodge étant de créer un Espace-Temps de cœur à cœur pendant lequel on peut à la fois se décharger et se recharger.

Ces moments de partage permettent à la femme de renforcer son pouvoir personnel qui dans la tradition amérindienne consiste à harmoniser en elle son côté réceptif (être à l’écoute de sa voix intérieure) et son côté actif (agir au plus près de ce ressenti).

Les Moon Lodges offrent un effet-miroir : les femmes s’écoutent mutuellement et leurs multiples rôles de mère, de fille, de grand-mère, d’amante, d’épouse et de femme insérée dans la société à travers vie professionnelle ou autre activité s’en trouvent équilibrés, nourris, magnifiés, facilités.

C’est également un moment de relaxation, de lâcher-prise, un espace d’expression pendant lequel les femmes se connectent à la sacralité de leur corps, pour une meilleure créativité dans tous les domaines. Un moment pendant lequel on est fière d’être Femme.

Claire Jozan-Meisel

(1) Comprendre ici le mot «pouvoir» comme pouvoir que l’on a sur soi et non pouvoir que l’on a sur les autres.
(2) Mois – month – moon (lune).
(3) «Sororité» est la traduction de «Sisterhood», par symétrie à «Fraternité», traduction de «Brotherhood».