Au Moyen-Âge, les troubadours étaient des compositeurs, des poètes et des musiciens qui allaient de ville en ville pour insuffler des idées nouvelles et des façons inédites de créer de la beauté. Ils apportaient de l’espoir et motivaient les personnes par leur passion et leur vision d’un amour idéal.

Lorsque je regarde en arrière, je me rends compte que je n’ai absolument pas choisi cette voie mais que l’univers m’a souvent poussé à ce que je la suive. En effet, je n’ai pas spécialement chercher à voyager, et pourtant on m’a maintes fois sollicité à courir le monde pour jouer de la musique dans des situations et lieux très divers : Nations-Unies à New-York, pyramides de Gizeh, prisons, fondation de Findhorn…

A 15 ans, au début des années 60,  je débute la musique par la pratique de la guitare et apprends à jouer du flamenco. Je réalise à ce moment-là que je suis inadaptée à la culture dominante superficielle de ma Californie natale et que mon âme aspire à autre chose. J’apprends ensuite la harpe, le tympanon, la flûte, le tambour et d’autres percussions.

A l’âge de 30 ans, je m’installe à Sedona en Arizona où je mène durant 40 ans une vie de mère et de Femme. Je cultive mes jardins intérieur et extérieur, chante pour Dame-Nature et me guéris par le chant et la voix qui devient mon instrument de musique de prédilection.

Je reçois beaucoup d’informations par les rêves dont celui-ci qui fut très significatif pour moi : je vois une femme indigène qui alternativement tisse, puis se penche vers le sol pour écouter la Mère-Terre pour ensuite se remettre à l’ouvrage, et ainsi de suite. Je comprends alors qu’avant de créer, je dois en premier lieu écouter ma voix
intérieure. Aussi ai-je à cœur de prendre le temps de la contemplation chaque matin et d’entretenir ce don de la réceptivité à moi-même. Par ce rêve, je saisis l’importance de m’accueillir, de faire confiance à ce que j’entends et
ressens et d’avoir le courage de créer en symbiose avec mes ressentis. Il me faudra beaucoup de persévérance car de nombreux obstacles ont parsemé ma route.

Résidente depuis peu en France, j’accompagne des groupes qui viennent en pèlerinage à Marie-Madeleine que je considère comme un archétype de la réémergence du Féminin. Sur les lieux sacrés de l’Occitanie, je me sens comme une trobairitz des temps modernes, heureuse de pouvoir offrir mes talents au monde. Comme le disait si bien GandhI : « Le but de l’art est d’inspirer et d’élever l’âme ».

Ani Williams est harpiste, chanteuse, auteur et thérapeute de la voix. Pionnière du chant sacré féminin, elle a donné des concerts dans le monde entier, a écrit dans de nombreuses revues musicales et a enregistré plus de 20 CD. www.aniwilliams.com

Article paru dans la revue Rêve de Femmes.